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puce Un peu de paléontologie: Pink Floyd (le 10/12/2005 à 00h33)

Bon alors déjà, pour commencer, vous me pétez un titre de Pink Floyd en stream sur Winamp, histoire de jouer le jeu. A y est ? Bon !...

Le Floyd… c’est comme ça qu’on dit entre fans, paraît. Alors je dis : le Floyd. Peut-être est-ce pour gommer le Pink surexposé de « the Wall » et annoncé dans « Wish you were here » : Oh by the way, which one’s Pink ?, enfin c’est comme ça que je le vois. D’un côté le Pink avec le star system (new car, caviar, four star daydream) et de l’autre l’aventure musicale, expérimentale, dont le nœud (gordien, je l’accorde) fut l’incomparable Syd Barrett. D’un côté donc le Pink autocréé par Waters et de l’autre le Floyd de Barrett, un truc dans le genre…mais bon c’est perso comme point de vue.

Pour les ceusses qui ne seraient pas ou n’auraient pas été foncièrement fans pour cause de prime jeunesse ou d’autres bonnes raisons(dites-moi lesquelles tout de même), rappelons ces quelques points essentiels :

-Pink Floyd emmerde les flamants roses, et les laisse à Christopher Cross sur la cover moche d’un de ses albums : Pink Anderson et Floyd Council sont deux bluesmen américains que le groupe admirait.

-Pink Floyd n’est pas dissous (qui a dit « ne vaut pas 10 sous » ?), paraîtrait même qu’ils vont faire une tournée après s’être retrouvés lors du concert Live8. Je me renseigne et je vous redis ça…tiens voilà j’ai trouvé sur

http://www.floydstuff.com/reunion/

 

-Pink Floyd c’est, à mon avis, trop de talent dans un seul groupe. C’est là leur drame et la trame de mon article, je développe donc :Au commmencement fut Syd Barrett. Avec un nom comme ça, condensé d’acid et de barrette, faut pas être malin pour deviner comment ça va finir. Syd donna la prime impulsion au groupe, à donf’ dans le psyché, tu’ois,  acid mais bluesy (tiens, je viens d’inventer l’étiquette « acid blues » ?), total british 60’s quoi…tu’ois ?...ça donne Arnold Layne,

 Astronomy Domine ou Jugband Blues, dernier morceau de Barrett (ah ah…gros malin, va!)

 

Les sirènes de la gloire, les trompetttes de la renommée ou les champignons hallucinogènes ayant eu raison de la raison  de Syd, c’est le bassiste Roger Waters qui reprend l’affaire, embauchant au passage le chanteur guitariste David Gilmour, au toucher de gratte si velouté  qu’ à côté de ça un Kandoo passerait pour une Spontex. Waters offre quand même, il faut l’écrire, ses heures de gloire au band, avec l’éternel Dark side of the moon, classé pendant plus de 500 semaines (si je ne m’abuse) au billboard des 30 meilleures ventes d’albums aux States.

Waters règne en tyran (éclairé, mais quand même) sur le groupe, et finit par imposer The Wall, un gros délire perso, à un groupe réduit à la figuration jusqu’au Final cut, qui porte bien son nom (the Clash, c’était déjà pris par les keupons de Strummer). Mais délire intéressant au demeurant…moi on me demanderait de jouer pour Waters, même du triangle, j’irais, et ni Michael Kamen ni Alan Parker ne s’y sont trompés, en collaborant à cette œuvre cultissime.

 

Alors après c’est là que c’est moins beau, et que le Pink bouffe vraiment le Floyd : Waters se met hors-jeu, mais prétend interdire au reste du groupe -allez on  va les nommer : Dave Gilmour donc, Rick Wright aux claviers et Nick Mason aux percus)- prétend interdire disé-je l’utilisation du nom Pink Floyd. Gros choc pour les fidèles dont j’étais déjà, même si sans Waters on ne voyait pas ce que le Floyd pourrait valoir à l’époque (on en reparlera plus bas). Quelques procès et embrouilles juridiques plus tard, le Pink Floyd sort vivant de l’affaire et sort « A momentary lapse of reason » en 87 (encore un titre heureux, m’est avis…), album qui met en valeur la capacité du groupe à cloner ce qu’il a joué pendant des années : du Pink Floyd, le paradoxe étant que c’est ce qui leur fut reproché dans une certaine presse. Je sais pas, moi, si je me bats pour conserver le nom de Pink Floyd, c’est pas pour faire du

Cerrone ou autre immangeable clafoutis après, non ? Admettons quand même que ce premier album sans Waters n’a pas cartonné et n’apporte pas grand-chose à la musique pop-rock du point de vue inventivité. Mais à l’époque tous les groupes des 60’s étaient soit dans le mou- les Stones en premier (Emotional Rescue, tu m’étonnes…), Mc Cartney contraint de chanter avec Michael Jackson pour faire djeun- soit « obligés » de virer leur cuti pour une pop aseptisée et formatée FM (Yes, Genesis, Queen…); donc difficile de tirer sur l’ambulance.

Est-ce à dire que n’importe quel pékin de studio (hé hé !) aurait fait l’affaire pour jouer du Floyd ? Que nenni, les aminches ! Je dirais plutôt que le succès du groupe tient autant à la qualité de ses compos et arrangements (côté producteurs ils ont souvent été bien servis) qu’à l’excellence de ses instrumentistes, car en tâcheron de 1ère  classe le Gilmour se pose là : guitariste hors pair (et dire que c’te peau d’hareng de Waters l’avait relégué au second plan en invitant Clapton sur le Final Cut), chanteur pas si dégueu en studio (vaut bien Clapton en tout cas, en live la voix c’est une autre histoire…plus bas j’vous dis, rhôôô).

Viennent ensuite les talents de Nick Mason aux drums prodigieux : lui a sans doute fait évoluer la manière de jouer les rythmiques dans les groupes rock (progressifs ou non). On voit un aperçu de son matos au verso d’Ummagumma, assez impressionnant. Le pire c’est que c’est le british pépère, pas le classique chevelu dégoulinant. Pour finir, rendons hommage à Rick Wright, le claviériste, qui a nappé des plages entières de mélancolie de ses keyboards et composé quelque belles pièces pour le groupe, mais ça ne plaisait pas à Waters, dit la légende. Et le bassiste ? Quel bassiste ? ah, celui qui fait le riff de Money, Poumpoupoudoum poum pou  poum dooouum poum…je sais pas, c’est de la guitare non ?

Pour les pas convaincus, écoutez si vous les trouvez en médiathèque (de Nancy,c’est là que je les ai eus, y a pas que des bergamotes…quoi ?) les albums solo de Gilmour et Wright, c’est du Pinkanada Dryfloyd…Après, c’est comme l’œuf de Colomb : sont-ce eux qui ont repiqué le Floyd dans leurs albums ou sont-ce leurs façons de jouer qui donnent une âme au Floyd ? Hein, sont-ce ?

Enfin moi, j’ai choisi : si Waters avait été aussi brillantissime qu’il le prétend, pourquoi sa carrière solo est-elle si bof ? A son crédit, un album assez réussi (surtout la pochette) avec Clapton et Kamen, « The Pros & Cons of Hitch-hiking », où on voit une blonde à loilpé qui fait du stop (le popotin de la dame a été censuré sur le support cd, mais sur le vinyl original on le voit !), puis Radio KAOS moins inspiré déjà, puis… ben plus rien d’autre que des reprises du Wall. Mais n’entrons pas dans la polémique, Victor…(p’tain elle est grave celle-là)

Bon bien sûr il n’en reste pas moins que le floyd que j’ai vu à Chantilly en 94 a beaucoup écrémé d’anciens morceaux  (prince de l’humour, là, écrémé…à Chantilly…), à côté de ceux de « The Division Bell » (sont forts en titres ces gars, tout de même…Private joke :la Queen elle c’est « The fromagery Bel of division », une refondue de ses meilleurs morceaux). Mais c’est ce que le public attend (des standards, pas des claquos !) alors faut pas être bégueule dans la soupe, moi je dis.

Les dernières compos ont bien 12 ans maintenant, ne sont pas les meilleures loin de là mais il reste une ambiance, une recherche, un raffinement un peu kitsch ou dépassé maintenant… ces types ont influencé la musique actuelle (techno, par exemple les Chemical Brothers), au même titre que ce bidouilleur de génie de Boulez ou l’ami Zappa, en trafiquant, en incorporant des sons pas franchement mélodieux au départ. Certes ils font un peu has been mais le moindre de leurs pets vaut 1 CD entier de Coldplay, alors…Alors j’écoute la BO de « The Body » dans laquelle un Waters pétomane s’éclate à tout vent ( !) Et y a toujours la guitare, et les drums floydiens (la basse je m’en fous j’arrive pas à la suivre, même que c’est pour ça que je suis mauvais à la gratte)
Enfin quel affront MM.Mason et Gilmour d’avoir relégué Wright au rang de guest star sur l’album de 87…me la suis pas expliquée celle-là, peut-être il avait pas mis de thunes pour le procès…depuis le Rick  a rejoint (Ricard, joint,…t’es le prince de la vanne tonight) officiellement la troupe pour l’album de 93, « The Division Bell » et la tournée mondiale qui suivit.

Mais comme j’ai pas vu le live8 en juillet dernier, je reviens sur le fameux concert de Chantilly, histoire de faire des envieux : les pas fans ayant zappé depuis longtemps, on peut.

C’était en juillet ou août 94, au siècle dernier donc et j’allais ou je venais d’être bidasse (3 semaines ça a duré, rassurez-vous). On était 60 000 à fumer sur le gazon, pas loin du château et de l’hippodrome, c’est vous dire comme  on manquait pas d’herbe. Mon pote Nels et moi, on n’y avait pas touché (et c’est vrai !) mais rien qu’aux effluves tu planais déjà avant la 1ère mesure !!

Et là est arrivé…LE son ! Une meute de Harley Davidson en quadriphonie, que même les gentilles gens de Chantillly ont dû se demander s’il n’y avait pas une concentr’ dans leur salon. Mais non, aucune trace de bécane,…que le bruit !

Mon pote Nels et moi, on s’est regardés : des concerts on en avait déjà engrangés quelques-uns, mais des qui commencent comme ça, ben pô…Et pis deuxième baffe dans ta tronche, le grand jeu, un light show à te faire comprendre pourquoi tu voyais les types du Floyd haut comme 3 pommes à genoux. Je dirais : « Woah, incredible ! » avec l’accent british. Encore que, pour la taille réduites des zicos, on était plutôt bien placés, à peine à 100 mètres de la scène, à hauteur de la régie. Y en avait, dans les gradins, z’étaient facile à 500 mètres…mais en VIP !

Gilmour a chanté comme un veau ( on l’avait laissé passer la Manche, y avait pas de vache folle à l’époque), et ce malgré mon aide, mais bon j’avais pas de micro. Mais il a joué comme un dieu !! Il venait d’avoir 50 ans, et étrennait sa nouvelle femme, alors il était chaud bouillant ( enfin si ça veut dire quelque chose pour un anglais. Tiens, si, voilà, comme on était à Chantilly, on aurait dit un Irish Coffee, le Gilmour, tout doux et crémeux, mais fort en goût).

Puis la légende a débarqué : on a eu droit aux fameux « zyeux » des cochons, ressuscités de la cover d’Animals. Imaginez deux gros (mais gros, hein) gorets gonflables en haut de deux tours métalliques, avec deux projos géants à chacun en guise de mirettes, qui vous sillonnnent la foule…ça le fait quand même, je vous le dis…

Après, feu d’artifice classique mais néanmoins somptueux, façon Rolling Stones ou Johnny, et dix minutes après la fin du pestac’, grosse averse. Quel bol !

Mon pote Nels et moi, on est rentrés dans l’Est sous la flotte, soit 6 heures de galère (surtout pour lui, moi j’ai bien dormi en fait !) Enfin, grand souvenir, pour le groupe mythique, mais aussi pour mon pote qui me manque un chouia, depuis le temps…

A la suite de ce mémorable événement ces muzikos-qui-ont-vraiment-trop-de-talent n’ont pas daigné donner signe de vie (Signs of life, héhé !) discographique, et je leur en veux un max : un album des Floyd, même sans Barrett (gros malin, va !), même sans Waters (là, ta vanne est à chier. Gros malin, va…), ben ça reste un événement. C’est pas pour le nom, non, parce que n’importe quel Oasis sans bulles peut faire du Beatles survitaminé sans avoir à en rougir (même Carlos le dit : Oasis, Oasis, c’est bon, c’est bon…). Non, c’est parce que ces types, c’est des musiciens de grand talent, au même titre que les susnommés Scarabées ou encore Yes. Bon, ok, ça manque un peu d’âme et ça sent la resucée, mais putain c’est quand même mieux à prendre que les merdes actuelles qu’on nous sort en dehors de ce bon vieux rock’n’roll !!!

Je terminerai là-dessus, pour les courageux yeux qui ont lu cet article jusqu’ici, et je leur en sais gré : la relève en matière de rock progressif, s’il y a lieu, semble être assurée par le groupe Archive, dont je vous conseille les albums  « You all look the same to me » et « Noise », qui entretiennent cette ambiance planante avec en plus..hum…disons…la « rock touch » qui fait un peu défaut à leurs aînés.

 

Et comme vraiment ce soir j’ai une grande gueule : oui, j’ai dans ma grande malle la majorité des 33T du Floyd. Les autres je les ai en CD, plus quelques raretés retrouvées au gré des vents et des torrents. Yapuka…débouler chez moi, on s’fera un piot Floyd Revival…no problemo !

 

Mes albums préférés de le Pink Floyd :

Wish you were here (dédié à Barrett)

Animals (concept album parabolique à la H.G.Wells, j’aime ça)

The Wall (salutaire pour un instit)

Mince ça fait 3 Waters à 0. Ben oui, c'est paradoxal, je sais...faites avec!

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